Cartier, son histoire

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Louis-François Cartier né en 1755 (le premier sur l’arbre généalogique ci-dessus) était un tourneur sur métal dans un petit atelier installé au Louvre. Il eut un fils Pierre qu’il connu à peine. En effet, pendant la Révolution, la suspicion était chose commune et il dû se sauver et quitter Paris. Il mourra à l’âge de 39 ans dans sa maison près de Saint-Denis en 1793-94.

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Louis-François Cartier

L’histoire des Cartier aurait pu s’arrêter avec son fils Pierre, il échappa de peu à la mort. Né en 1787 Pierre Cartier est alors un jeune soldat d’infanterie servant durant les guerres napoléoniennes. Il sera fait prisonnier et condamner au peloton d’exécution il doit son salut à une femme de boulanger qui le cacha dans son four puis le déguisa en femme pour lui permettre de s’échapper.
Malgré ce subterfuge, les soldats de Wellingeton le découvriront  et le transféreront sur un bateau à destination de Plymouth (sud-ouest de l’Angleterre). Il restera de nombreuses années la-bas avant de pouvoir revenir en France. De retour sur le sol français, il se mariera avec Elisabeth Gérardin (lingère) en 1815. Il exercera le métier de fabricant de poires à poudre.
Un fils naîtra de cette union en 1819 et portera le même nom que son grand-père, Louis-François Cartier.

Louis-François sera le premier échelon de l’empire Cartier. On le sait marier et père de famille, son fils s’appel Alfred, il est né en 1841.

En 1846, Cartier reçoit son premier poinçon, il représente un as de coeur dans un losange.

Louis-François est artisan pour  le joaillier Adolphe Picard. Son travail est tellement bon que Picard lui donne l’opportunité  en 1847 lors de son déménagement de reprendre son affaire. La boutique était alors située au 29 rue Montorgueil. C’est la naissance de l’entreprise Cartier.
Cette adresse est située en dehors du quartier prisé des joailliers, rue Richelieu. De plus, cette naissance se réalise durant un contexte politique compliquée. Entre l’abdication du Roi Louis-Philippe et l’établissement du Second Empire la conjoncture est difficile pour les commerces de luxe.
Mais en 1853, Louis-François qui reste tenace fini par s’établir au 5 rue Neuve-des-Petits-Champs avec l’aide de son ancien patron Picard. Sa nouvelle boutique lui permet de devenir un joaillier et un bijoutier. Le complément de bijoutier lui donne la possibilité d’étendre son activité en vendant ses créations à une clientèle privée.
Son affaire se révèle prospère, la proximité avec le Palais-Royal est d’une grande aide. Sa première cliente importante sera la Comtesse de Nieuwerkerke, elle se portera alors acquéreuse d’un collier orné de camées anciens. Entre 1855 et 1858 cette dernière va acquérir pas moins de 55 bijoux.
En plus d’être une bonne cliente la famille Nieuwerkerke va lui permettre par son intermédiaire d’avoir une commande de la princesse Mathilde. Les commandes se succéderont ensuite.
L’apogée pour Cartier viendra lorsque l’impératrice elle-même passera commande d’un service à thé en argent. Cette consécration lui donne envie de s’agrandir, son activité est prospère il répond donc à l’appel d’offre du joaillier Gillion qui souhaite vendre son magasin ainsi que son stock. Sa nouvelle adresse sera le 9 boulevard des Italiens des 1859.
Les créations de bijoux continuent à se faire et les clients défilent dans la boutique.
Son fils, Alfred travaille avec lui des 1859. Il surveille les pierres.

Suite à la défaite de Sedan en 1870, Alfred émigre en Angleterre. Cette exode durera jusqu’en 1873. Durant ces trois années Cartier obtiendra ses premières lettres patentes de fournisseur de la Cour Saint-James.
La clientèle deviendra réellement cosmopolite à cette date.

A son retour en France et notamment durant l’année 1874, Alfred reprend les affaires de son père à Paris mais la situation est difficile financièrement. Les profits ont baissés de manière drastique.
Une grande part de ses commandes proviennent du Prince de Wagram, de la Comtesse de Montesquiou, du Comte de Paris et de la vente de bustes en bronze de Louis XV, porcelaines de Sèvres,… Se rajoute à ces nobles des banquiers et industriels qui tentent par l’affichage de leurs richesses de gagner en respectabilité.

Le contexte politique devient hostile à la République, le général Boulanger fait entendre sa voix. Les partisans de Boulanger ainsi que la maîtresse du général, la Vicomtesse de Bonnemain bénéficieront à Alfred.
Le scandale Wilson (scandale des décorations, le gendre du Président Jules Grevy, le député Daniel Wilson monnayant notamment la Légion d’honneur) va participer à la chute du chiffre d’affaire de Cartier de 1886 à 1888-89.

La joaillerie connait une révolution avec la découverte des gisements de diamants en Afrique du Sud à la fin des années 60.

L’aristocratie traditionnelle est rejointe par des banquiers, des industriels et des spéculateurs. Ces nouveaux riches commandent des bijoux ostentatoires.

Cartier pour satisfaire cette nouvelle clientèle décide de migrer sa boutique du boulevard des Italiens à la  rue de la Paix. Le fils d’Alfred, Louis-Joseph (appelé Louis)  est devenu l’associé de son père et l’incite à déménager. Alfred se met à la recherche d’un local en 1898.  La nouvelle boutique située au 13 rue de la Paix sera inaugurée en novembre 1899. Cette rue propose tout ce qu’une grande dame ou un globe-trotter peut souhaiter acquérir dans le domaine de la joaillerie.

En déménageant Cartier se retrouve voisin de la maison Worth (7 rue de la Paix). Il existe un lien très fort entre ces deux maisons, Cartier profite ainsi de la clientèle de Worth, les clients voulant accorder leurs gardes-robes à leurs bijoux. Il y aura également des mariages entre les deux familles.

On peut constater une évolution de style dans les bijoux lorsque la boutique Cartier se trouve boulevard des Italiens et lorsqu’elle se déplacera rue de la Paix. Les bijoux étaient dans un style très bourgeois, comparable a ses concurrents mais une fois établis rue de la Paix, Cartier se trouve a proximité des grandes maisons de couture internationale et cette proximité lui donne un sens plus aigu de la signification du bijou dans le contexte de la mode.

En 1912, date de la grande expansion, Cartier prend possession du n°11 rue de la Paix pour s’agrandir.
Jusqu’à la fin des années 20, 60% du chiffre d’affaires est dû à la vente de perles.

Les premiers projets d’expansion de la boutique parisienne sont suggérés par le Prince de Galles. L’aristocratie anglaise vient jusqu’à la rue de la Paix passer des commandes qu’elle attend ensuite à Londres, un magasin sur place serait une bonne idée.
Le 22 janvier 1901 décès de la Reine Victoria, on se prépare une fois la période de deuil passée au couronnement d’Edouard VII qui aura lieu en 1902. Les commandes affluent, rendant l’ouverture d’une boutique en Angleterre vitale. Pierre Cartier (frère de Louis) se rend à Londres pour recevoir des commandes de la Reine Alexandra et en profite pour chercher un local dans le West End. Les recherches sont infructueuses, et c’est finalement Jacques (frère de Louis et Pierre) qui trouvera le lieu. Ce sera le 4 New Burlington Street, la boutique ouvrira en 1902.

En 1904, la maison Cartier a l’honneur d’être agréée fournisseur officiel de la cour du roi Edouard VII: c’est la consécration. Ce brevet marque le premier d’une longue série. De 1904 à 1940 Cartier recevra pas moins de dix-huit lettres patentes l’agréant fournisseur des cours d’Espagne, de Belgique, du Portugal, de Grèce et de Roumanie, de la Russie, du Siam et de l’Egypte.

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En-tête officiel de la maison Cartier, brevel royal de fournisseur du roi Edouard VII

Jacques finira par la diriger en 1906.
La boutique change rapidement d’adresse pour passer au 175 New Bond Street en 1909. Cartier a été agrée comme fournisseur officiel de la Cour du Roi Edouard VII.

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175 New Bond Street, à Londres

La boutique de Londres est à peine ouverte que le rêve d’Amérique se profil à l’horizon. Des voyages de reconnaissances sont organisés en 1903 et 1907.
Pierre Cartier ouvrira finalement la filiale américaine le 1er novembre 1909. Le quatrième étage du 712 Cinquième Avenue à New York accueille le premier point de vente sur le nouveau continent.

A l’origine l’atelier de New York recevait tous les bijoux de Paris. On fait d’ailleurs la distinction entre la production parisienne et les pièces qui sont destinées à Londres et New York.  Louis prend vite conscience qu’il faut adapter le goût Cartier à la clientèle locale.
New York se retrouve vite en position de pouvoir produire ses propres bijoux.

Les affaires son florissantes, l’appartement ne suffit plus. L’immeuble situé au 653 Cinquième Avenue est acquit en 1917. La propriété est acquise par Pierre Cartier en échange d’un double rang de cinquante-cinq et soixante-treize perles fines d’une valeur d’un million de dollars.

Lors de l’acquisition de cet immeuble un atelier d’importance sera établi. Jusqu’à soixante-dix ouvriers sont employés. Un second atelier nommé Marel Works ouvre en 1925. La Maison Cartier Londres ouvre quant à elle son premier atelier en 1922, English Art Works. La Maison parisienne n’ouvre elle son atelier qu’en 1929.
Les Maisons de Paris, Londres et New York développent ainsi une production indépendante.

New York surplombe Londres et même Paris dans les étalages de perles et en nombres d’assistants.

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L’immeuble de la Cinquième Avenue, New-York

L’ajout de la filiale new-yorkaise donne à l’entreprise Cartier une dimension mondiale.
Toutefois, il est capitale de garder un lien étroit entre la mode et la joaillerie, ce lien est symbolisé pour les clients par la rue de la Paix.

Des 1919, les Maisons de Londres et de New York s’émancipent. Les trois structures prennent les noms de Cartier Limited pour Londres, Cartier Incorporated pour New York et Cartier SA pour la France.

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Carton d’invitation avec l’adresse des trois boutiques (Paris, Londres et New-York)

Le trio des trois frères (Louis, Pierre et Jacques) est complété par Jeanne Toussaint. Les articles les plus sophistiqué sont soumis à son jugement caustique. Elle proposera de magnifiques suggestions et de brillantes analyses.

 

 

En 1933, Louis Cartier « intronise » Jean Toussaint au titre de directrice de la joaillerie et prépare ainsi sa succession.

La guerre ralentie les projets de la Maison. Louis et Jacques ne connaîtront pas la Libération. Jacques meurt à Dax en 1941 et Louis à New York en 1942.

A la fin des années 40, Pierre Cartier confie la filiale de New York à Claude, le fils de Louis.

La filiale new-yorkaise a été vendue en 1962. L’entreprise sera divisée en divers lots qui seront cédés par le biais de plusieurs transactions. Les lots seront finalement achetés par un groupe financier.

Pierre décédera en 1965, il était le dernier des trois frères survivants.

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