Chaumet, son histoire

L’histoire Chaumet débute avec Claude-Antoine Nitot, né en 1714 à Chézy et prématurément orphelin. Il est marchand de poissons en gros pour la provision de Paris et exploitant d’étangs en Champagne. Il connaît des difficultés financières entre 1755 et 1760, elles sont telles qu’il fera faillite en décembre 1760.
Il aura 7 enfants, 2 filles et 5 fils avec Marie-Aimée-Apolline Girard. Quatre de ses enfants se tourneront vers les métiers de la joaillerie.
L’aîné des fils, Claude-Regnault Nitot ouvrira la voie de la joaillerie. Il sera reçu maître orfèvre le 28 juillet 1781. Puis viendra Marie-Etienne Nitot le 22 février 1783. Les deux cadets deviendront également joailliers sans accéder toutefois à la maîtrise.

Marie-Etienne Nitot épousera Marie-Catherine Endiger en 1778. Ils auront 4 enfants, 4 fils. L’aîné, François-Regnault est né en 1779, puis le second en 1784, 1787 et 1792.

L’histoire des Nitot est mal connue sous l’Ancien Régime. La mort d’Aubert en 1785 mettra d’ailleurs fin au peu de source d’information a disposition.

Il sera fait mention pour la première fois de « Nitot jouaillier » le 15 mars 1793 dans le livre-journal du joaillier du roi Ange-Joseph Aubert.Cette première apparition est attribuée à Marie-Etienne Nitot qui dépasse très vite son aîné alors qu’il vient seulement d’obtenir sa maîtrise.
Des 1784, le nom de Nitot apparaîtra régulièrement dans le livre-journal. Il réalise pour Aubert une bague ornée du chiffre B, cette commande sera un prémisse, des bagues similaires seront livrées à Napoléon.

Marie-Etienne est sollicité en 1790 comme expert pour dresser l’inventaire des gemmes et bijoux de la Couronne. Cette inventaire a pour but de réaliser une nouvelle estimation des biens et elle sera réalisée au plus bas. Il est difficile de mettre un prix sur un objet d’une grande rareté. Cette expertise est réalisée conjointement avec le minéralogiste Sage. Leur rapport sera publié en 1791.
Des février 1794, Marie-Etienne est requis pour sa « connaissance parfaite desdits articles précieux » par le Comité du salut public afin de récolter les gemmes des armoires de la salle des Bijoux située au Garde-Meuble. Ces deux sollicitations permettent de constater qu’il bénéficie d’une importante considération et d’une grande confiance de la part des autorités révolutionnaires quant à ses compétences en pierres précieuses et gemmes.

La Révolution est en principe une période difficile mais Marie-Etienne se permet d’acquérir une grande maison à Chaillot le 16 mai 1795, puis, le 23 juin 1795 il achète également une maison rue Saint-Martin.

Peu avant la période du Consulat qui débutera en 1799, on peut supposer qu’il est le dernier de sa famille de joailliers à exercer encore.

Le répertoire des orfèvres de Douet de 1806 répertorie Marie-Etienne comme « marchands orfèvres, bijoutiers, joailliers sans poinçons de fabrique ». Il est difficile sans poinçon d’identifier les réalisations du maître ainsi que celles de son fils François-Regnault, sauf par signature et commande documentée.

Nitot est à nouveau sollicité sous le Consulat pour son expertise. Il doit sélectionner les vingts plus belles pierres précieuses du cabinet de minéralogie.
On lui demande également de participer à la réalisation de l’épée commandée pour le Premier consul. L’occasion décisive qui changera sa vie est l’élaboration en partenariat avec l’orfèvre Henri Auguste de la tiare offerte par Napoléon au pape. François-Regnault Nitot, fils de Marie-Etienne Nitot se chargera d’apporter la tiare à Rome. En chemin il s’arrêtera à Milan afin de la faire admirer à Napoléon et Joséphine et en profitera pour leur montrer d’autres parures. Suite à cette rencontre, père et fils Nitot deviendront « joaillier ordinaire de l’impératrice » et pourront désormais compter sur l’appui de Joséphine.
Ce voyage en Italie sera une étape déterminante pour l’histoire de la maison Nitot.

En parallèle de ce voyage qui eut lieu en 1805, Marie-Etienne Nitot déménage sa boutique au 36 place du Carrousel. A la suite de changement dans Paris, cette adresse deviendra le 2 rue de Rivoli.

Boutique de Mr Nitot, Place du Carrousel n°36
Boutique du 36 place du Carrousel

Le fils de Nitot, François-Regnault est supposé s’être associé avec son père en mars 1806. En effet, le 1er mars, le premier journal de commerce « Etienne Nitot et Fils, joailliers bijoutiers de Sa Majesté l’impératrice et reine » est édité.

François-Regnault Nitot, vers 1810
François-Regnault Nitot, vers 1810

En mars 1809, François-Regnault se mariera à Jeanne-Agathe Irisson. Lors de cette union son statut d’associé au tiers dans l’entreprise Nitot évoluera pour la moitié. Son père prépare surement sa succession dans l’entreprise familiale. Malheureusement, à tout juste 59 ans, Marie-Etienne décédera quelques mois plus tard en septembre 1809.

En plus du titre de joaillier ordinaire de l’impératrice, les Nitot obtiendront le titre de joaillier du roi et de la reine Westphalie en 1809. Ils signeront dorénavant leurs œuvres par « joailliers et bijoutiers de LL. MM. l’Impératrice, le Roi et la Reine de Westphalie ».

Le maître de la garde-robe de Bonaparte, Marinville, persuade Nitot d’envoyer à Kassel en 1809, un commis, Bocquet pour développer localement une activité au travers d’une succursale. Les joailliers parisiens ne répondent pas positivement à cette attente. Le maître de la garde-robe, en septembre 1810, leur reprochera de ne pas avoir donné suffisamment de moyens à Bocquet. Il aurait du selon les souhaits du roi être bien fourni en bijoux et parures ainsi qu’avoir a disposition de nombreux ouvriers mais à la place, il est isolé et sans moyens. L’insatisfaction de la cour de Wesphalie est telle que les commandes se tarissent et cessent même des 1812.

Suite au décès de Marie-Etienne Nitot en septembre 1809, un inventaire sera réalisé. La société sera liquidée en 1810.
L’inventaire mentionne la boutique, les stocks de pierres, les bijoux mais aucun outil. Par contre il est fait mention de créanciers: Jean-Baptistes Leblond, François-Louis Guinegagne, « Fossin et Fils »,… qui sont surement des sous-traitants des Nitot.
Lors du décès de Marie-Etienne, la société qui lie le père et le fils passe entre le fils et sa mère, Marie-Catherine Endiger. Cette dernière souhaite voir la réunion de ses trois fils joailliers à part égale dans la société.

La maison Nitot subit de profonds changements et une restructuration de sa base. Malgré tout, cette période signe son apogée. D’abondantes commandes arrivent suite au mariage de Napoléon et Marie-Louise.  Puis dû à la naissance du roi de Rome.

Marie-Catherine Endiger vend à son fils François-Regnault les trois maisons de Chaillot. Avec l’argent elle achètera un hôtel particulier, l’hôtel Gramont, situé 15 place Vendôme. Cette adresse deviendra le siège de la société.

La société née entre le fils et la mère suite au décès de Marie-Etienne est dissolue le 1er octobre 1812. Dans la foulée se créait une nouvelle société entre François-Regnault et son frère Joseph-Etienne-Auguste dit Auguste. Auguste ne représente qu’un quart  du capital. Cette société ne perdurera que jusqu’au 30 octobre 1814, les avoirs sont partagés à cette date.

Le succès, les commandes, la fortune de la maison Nitot est étroitement lié à l’Empire. Il est donc logique que des la première Restauration qui débute au printemps 1814 ils perdent leurs prérogatives. François-Regnault Nitot restera fidèle à l’Empereur jusqu’à la fin. Il se retire à l’âge de 35 ans et mène une vie de rentier.
Il finira par devenir maire du domaine d’Echarcon (Essonne) entre 1825 et 1837 qu’il achètera des décembre 1816. Sa vie se partage entre Paris et son domaine.

Jean-Baptiste Fossin succède à François-Regnault Nitot en 1815. Le père, Jean-François Fossin est probablement un des sous-traitants de la maison Nitot.
Après avoir succédé à Nitot, Jean-Baptiste se présente comme son successeur mais aussi comme son chef d’atelier et son élève. Il transfère la maison Nitot au 78 rue de Richelieu.

Fossin Jean-Baptiste participera à l’Exposition des produits de l’industrie en 1819 et sera très remarqué. Son bouquet en brillants, monté en argent, avec des tiges est couvert d’éloges. Il remet le naturalisme qui avait disparu ou presque sous l’Empire sur le devant de la scène.

Nitot bénéficiait du statut de fournisseur de la Cour sous le premier Empire, ce statut ne sera pas transféré à Fossin. Il aura néanmoins pour cliente la duchesse de Berry qui lui achètera de nombreuses pièces. Elle lui accordera en 1824 le titre de joaillier des enfants de France.

En avril 1832, il s’associe avec son fils Jules pour une durée de quinze ans. La société prendra fin un peu avant ce délai, le 1er juin 1845. Mais durant ce laps de temps un dynamisme est insufflé à la maison Fossin qui obtient le titre de joaillier du roi le 7 septembre 1832. Elle fournira la maison royale en bijoux et pièces d’orfèvrerie de manière régulière. C’est ainsi qu’elle retrouve le rôle de fournisseur des présents distribués par le roi, même si elle n’est pas seule sur ce rôle.

De nombreux princes, princesses, … sont clients de Fossin.
Il est sollicité pour créer le sceptre et la couronne du petit-fils de Maximilien de Bavière, Othon 1er, élu roi de Grèce en 1832 et couronné à sa majorité le 1er juin 1835.

En plus de multiplier les succès, la maison Fossin se montre novatrice notamment avec le dépôt de deux brevets, le premier pour quinze ans en janvier et le second pour cinq ans en juin 1835.
Premier brevet: Procédé d’incrustation de pierres fines serties de filets d’or produisant des mosaïques.
Second brevet: Technique d’émaillage du vermeil.

Cette même année, ils sont admis à la Société d’encouragement à l’industrie nationale et présentent divers objets de bijouterie en or ciselé incrusté de pierres fines.

En octobre 1838, Jean-Baptiste Fossin est promu chevalier de la Légion d’honneur. Il a été appelé à siéger  comme juge au tribunal de commerce à Paris peu avant cette promotion.

La boutique de la rue de Richelieu est l’une des plus éminentes de Paris.

En 1834, Jean-Valentin Morel est engagé comme chef d’atelier.

Jean-Baptiste Fossin se retire en 1845.
Tout comme François-Regnault Nitot, Jean-Baptiste Fossin possède une fortune importante ainsi que de l’immobilier. Il se consacrera durant les trois dernières années de sa vie à la sculpture et à la peinture.

Jules Fossin dirige désormais seul la maison Fossin. Il voyage beaucoup pour défendre les intérêts de la maison, surtout à Londres. Jules va créer dans la capitale anglaise un dépôt lorsque son ancien chef d’atelier Morel s’y installera en 1848.
Des 1840, Morel Jean-Valentin va reprendre son autonomie et s’associer avec l’architecture Henri Duponchel mais des dissensions vont vite avoir raison de leur association. Un procès aura lieu qui aboutira à la dissolution de la société Morel et Cie au profit de Duponchel. Morel aura désormais interdiction de travailler à Paris et s’exilera à Londres.

Morel fondera à Londres une nouvelle entreprise. Jules Fossin soutient cette entreprise en créant un dépôt chez Morel. Les affaires sont peu florissante à Paris ou la Révolution de 1848 est passée. Il est a supposé que Fossin espère une opportunité sur le marché anglais.
Jules fait régulièrement le voyage Paris – Londres pour répondre au désir des clients.

Le stock parisien de bijoux a destination de Londres est géré totalement séparément du stock destiné au magasin parisien.

Fossin en plus de ce dépôt de bijoux, maintient une correspondance régulière avec Morel et son associé Bammeville. Il lui sert également d’intermédiaire avec les fournisseurs français et sa renommé contribue à attirer une clientèle anglaise dans le magasin de Morel.

De nombreux Orléans sont exilés à Londres et apporteront leurs soutiens à Morel. Parmi eux, Louise reine des Belges. Elle lui permettra d’ailleurs d’être introduit auprès de la Reine Victoria le 22 mars 1849 en lui permettant de présenter à la Reine un grand choix de bijoux lorsque cette dernière lui rendra visite. Ce stratagème, lui permet de compter Victoria comme cliente puisqu’elle lui achètera par la suite de nombreux bijoux.
Les affaires stagnent malgré les commandes royales, les relations avec son associé Bammeville se détériorent, Morel ferme les portes de sa boutique et rentre en France en 1852. L’interdiction d’exercer à Paris étant toujours en vigueur il s’installe à Sèvres.
Suite à ce retour, Fossin rapatrie son dépôt.

L’avènement du Second Empire, permet aux secteurs de la bijouterie – joaillerie de refaire surface.
La maison Fossin compte pour clientes la comtesse de Monjito, mère de l’impératrice Eugénie et sa soeur la duchesse d’Albe. Ce lien aurait permis à Fossin de s’occuper des diamants de la Couronne. Napoléon III entend bien faire rejaillir l’éclat de ces diamants sur la Cour.
L’Impératrice Eugénie aurait proposé à Fossin de devenir son fournisseur attitré, ce dernier aurait refusé par fidélité aux Orléans. L’Impératrice le délaisse alors en 1854 et nomme à ce poste Kramer, gérant de Fossin.
Il bénéficiera malgré tout de la clientèle de d’autres membres de la Cour comme la princesse Mathilde.

Malgré ce refus, Fossin bénéficie d’une bonne notoriété, il est par exemple juge au tribunal de commerce de 1849 à 1856, ou encore rapporteur de l’Exposition universelle de 1855,…

Jules Fossin organise petit à petit son retrait des affaires.
L’installation de son dépôt de bijoux à Londres, lui a donné l’occasion d’évaluer Prosper Morel, le fil de Jean-Valentin Morel. Jules le nomme en 1854 gérant de son entreprise puis lui en laisse la direction en 1862.
C’est ainsi que né le 14 avril 1862 la société Morel et Cie. Jules Fossin en est le commanditaire pour quinze ans et Prosper la gère.
Les Morel deviendront propriétaire du fonds de commerce à la fin du terme et après remboursement de la commandite (300 000 francs) ou bien avant en cas de remboursement anticipé.

Prosper maintiendra la réputation de la maison en conservant la qualité de la production et en sachant s’adapter à l’évolution de la mode.
Il saura également bien s’entourer, en faisant appel aux meilleurs artisans parisiens.

A partir de 1875, il se met à travailler avec son gendre Joseph Chaumet qui épouse sa fille Blanche-Marie le 17 juin 1875.
Joseph Chaumet sera tout d’abord collaborateur entre 1875 et 1885, puis directeur officiel entre 1885 et 1889 et pour finir propriétaire à partir de 1889. Morel se retire des affaires en 1885 et cède la direction à son gendre après lui avoir transmis petit à petit l’héritage de la maison, riche du savoir-faire de plusieurs générations de joailliers.

La Maison prendra le nom de Chaumet des 1889 mais conservera la mention « Successeur de Morel & Compagnie » jusqu’à la Seconde Guerre mondiale.

Joseph Chaumet à la tête de la Maison va donner une nouvelle impulsion. Il fera insculper son poinçon en 1890: Initiale JC avec un croissant de lune et une étoile.

Joseph dotera la maison de ses propres tailleries de diamants. Entreprise osée pour l’époque mais qui lui permette de remporter le succès. Dès 1894 des tailleries de diamants sont installées à Auteuil. En plus de ces tailleries il fait installer des lapidaireries pour les pierres de couleurs.
La collaboration entre les différentes branches de l’industrie joaillière est développée. Le progrès pour chacune venant de la collaboration.

Différents ateliers au sein de Chaumet: dessin, sculpture (sculpteur et statuaire), orfèvrerie (mouleur, fondeur et ciseleur), galvanoplastie, joaillerie / bijouterie, mécanique (perfectionnement outillage), fabrication des écrins et un studio de photographie (systématiquement photographié les bijoux et les pierres confiés ou démontés, les bijoux réalisés ou modifiés).

Joseph Chaumet est un véritable précurseur notamment dans la politique sociale. Ses employés bénéficient de mutuelles d’assurance, de maisons de vacances et l’entreprise prend en charge les veuves et orphelins. Les employés sont fidèles à Chaumet.

En 1903, un mouvement de grève générale éclate parmi les ouvriers-bijoutiers-joailliers de Paris. Ils réclament que la journée de travail passe de 10h à 9h de travail sans diminution de salaire. Joseph Chaumet ira plaider le 3 décembre la cause des ouvriers devant la chambre syndicale patronale. Les employés de Chaumet également en grève par solidarité suspendent leur grève car ils bénéficient déjà de ces avantages et de biens d’autres.
En 1906, une nouvelle grève permettra de passer de 9h à 8h de travail quotidien.

Autre changement dans l’organisation, 1907, voit le retour de la Maison sur la place Vendôme au numéro 12.

Chaumet 12 place vendome, 1907
Magasin du 12 place Vendôme

Il faut savoir que l’Institut international de renseignements commerciaux entre 1905 et 1907 fait parvenir à Chaumet les listes des clients potentiels résidant dans les différents hôtels de Paris. Joseph négociera l’exclusivité de la liste des noms et nationalités des riches étrangers venus à Paris en 1911 y compris les Américains du Sud. Puis en 1913 s’y ajoutera la liste des Argentins et des Brésiliens.

Une succursale est ouverte à Londres en 1903, au 154 New Bond Street.
Des tentatives d’implantation sont faites à Berlin en 1910 et à New York en 1911.
Des prospections à Constantinople en 1894 et en Russie la même année. Jusqu’à la révolution bolchevique de 1917 la clientèle russe sera importante pour la Maison.
Chaumet veut s’internationaliser.
En décembre 1910, une mission dans laquelle se trouve Georges Chaumet (fils de Joseph) est même envoyée en Inde pour conquérir les maharadjas. Les maharajas de Baroda et d’Indore seront d’ailleurs de fidèles clients jusque dans les années 1930.

Joseph Chaumet fait preuve d’un instinct visionnaire.

Il déposera une dizaine de brevets entre 1904 et 1914 dont trois consacrés aux modes de montage des pierres précieuses. Ce sera une grande contribution aux progrès de la gemmologie.
Joseph Chaumet dira: « Traitons les pierres précieuses et les perles fines avec la déférence que méritent ces belles productions de la nature qui charment nos yeux, distraient notre esprit aux heures de tristesse, et sont mises à disposition de l’homme dans les hommages qu’il rend à tout ce qu’il reconnaît supérieur à lui, soit parmi ses semblables, soit au-dessus d’eux. »

La guerre de 1914-1918 provoque un ralentissement qui disparaît en 1920. Chaumet bénéficie de la fidélité de sa clientèle d’avant-guerre.
Des changements s’amorcent au sein de la Maison, à partir de 1922, Joseph délègue la direction à son fils cadet Marcel ainsi qu’a différents collaborateurs.

Marcel connait l’entreprise sur le bout des doigts, il a été formé dans l’entreprise. Il succédera à son père en 1928 lorsqu’il décède. Marcel dira à son enterrement: « Continuer le sillon qu’il a tracé, poursuivre son oeuvre dans tous les domaines: telle sera mon ambition. J’y consacrerai tous mes efforts. »

Chaumet s’appuiera sur les grande familles aristocratiques françaises pour vendre et ce malgré que leurs écrins à bijoux ne soient plus complétés par des parure et des bijoux que pour les grandes occasions.
Il enrichira son carnet de commande grâce aux industriels et aux financiers.

L’idée de s’étendre à l’international revient après la guerre. En 1924, une filiale new-new-yorkaise voit le jour au 730, Fifth Avenue.

Utilisant les outils de son époque, Marcel diffuse la notoriété de Chaumet au travers des expositions et de la publicité.
En 1925 par exemple, l’exposition internationale des arts décoratifs à Paris permettra à la Maison d’afficher les bijoux réalisés dans le style Art Déco dont Chaumet a été l’un des grands précurseurs dès 1913-1915.

En 1930, une exposition est organisée pour les 150 ans de Chaumet par Marcel. Une monographie historique sera également réalisée: Une pléiade de maîtres joailliers.

La crise de 1929 met fin à l’effervescence des années folles. Le chiffre d’affaire qui était de 84 millions en 1928 passe à 17 millions de francs en 1932.
De nombreuses maisons de joaillerie disparaissent, Chaumet résiste grâce à Marcel qui prend des mesures radicales:
– Fermeture de la filiale new-yorkaise
– Déménagement du magasin de Londres pour réduire le coût du loyer
– Licenciement dans les ateliers de Paris
– Réduction des meules dans la taillerie de diamants de Auteuil (on passe de 40 à 25)

Une commande inespérée arrive en 1936 et permet de sortir la tête de l’eau, trois parures pour le mariage de la princesse Alice de Bourbon-Parme avec l’infant d’Espagne, le prince Alphonse de Bourbon-Sicile.

Après la Seconde Guerre mondiale, la reprise est difficile. La production a considérablement ralenti. Chaumet bénéficie encore et toujours d’un statut privilégié auprès de la noblesse française.

Une évolution pour la société arrive en 1958 avec la nomination comme codirecteurs généraux des deux fils de Marcel: Jacques et Pierre.
Les rachats successifs de Wolfers en 1968 et Breguet en 1970 apportent une expansion de la Maison.

Chaumet connaîtra la faillite en 1987. La Maison sera rachetée par Investcorp, groupe financier international. C’est la fin d’une ère.
Il est décidé de fermer les succursales de:
– Londres
– Genève
– New-York
La société Chaumet sera rebaptisée en: Société Nouvelle Chaumet puis en Chaumet International SA.
La marque sera finalement rachetée par le groupe LVMH en 1999.

 

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