Van Cleef & Arpels, son histoire

A l’origine de la Maison Van Cleef & Arpels il y a deux familles qui s’unissent.

D’un côté les Van Cleef et de l’autre les Arpels. Elles sont toutes les deux spécialisées dans le commerce des toiles et originaires d’Amsterdam et de Gand.

En 1864, Léon Salomon Arpels va s’installer à Paris et devient négociant en joaillerie-bijouterie.
Salomon Van Cleef part à son tour s’installer à Paris en 1867. Il est connu pour la taille des pierres et exerce le métier d’artisan lapidaire. Marié avec Mélanie Mayer, Alfred leur fils né en 1872 sera placé après son baccalauréat en apprentissage chez le lapidaire David et Grosgogeat.

Alfred passera 6 années en apprentissage. Il quittera ensuite le domaine technique pour s’orienter vers le commerce et la vente. Des 1896 il ouvre un magasin au 35 rue de Bellefond et s’établit comme bijoutier en or et fabriquant. En 1899, il déménage au 34 rue Drouot et évolue en joaillier et fabriquant.
Cette dernière adresse n’est pas anodine dans l’histoire puisqu’elle est le lieu commun entre Van Cleef & Arpels. Le futur beau père d’Alfred, Léon Salomon Arpels se trouve également à cette adresse.

En 1895, Alfred épouse sa cousine Esther (dite Estelle) Arpels. De cette union naîtra l’année suivante leur fille unique, Rachel (dite Renée).

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Alfred Van Cleef et Estelle Arpels le jour de leur mariage en 1895

Le 10 février 1906, Salomon Arpels (dit Charles), frère d’Esther, courtier en diamants, s’associe à Alfred Van Cleef. La maison Alfred Van Cleef et Salomon Arpels SARL est fondée.

La réputation prospère rapidement et la Maison se lance dans la haute joaillerie. Elle inaugure le 16 juin 1906 un magasin au 22 place Vendôme. Son voisin, Lalique a débuté son activité en 1905.

Les tâches vont être très vite réparties entre les associés. Julien Arpels rejoint son frère Charles en 1908. Très bon pour le choix des pierres et grand amateur de voyages, il tisse des liens à l’étranger. Charles quant à lui s’occupe de la partie commerciale. Il très vite secondé (en 1912) par Louis, le plus jeune des frères.
Alfred, seul Van Cleef dans cette entreprise, à eu une formation de diamantaire durant son apprentissage et son expérience de la vente le prédispose à s’occuper de la création et de la gestion de la société. Il est secondé dans cette tâche par son épouse Esther qui fait la comptabilité.

Van Cleef & Arpels profitant de son succès ouvre plusieurs boutiques dans des lieux prisés de la clientèle riche et cosmopolite.
C’est ainsi que son inauguré:
En 1909 une boutique à Dinard
1910, Nice
1912, Deauville
1913, Vichy
La guerre met fin aux expansions en 1914.

La boutique Van Cleef & Arpels à Nice vers 1920..jpg
La boutique Van Cleef & Arpels à Nice vers 1920.

Charles Arpels est appelé comme interprète par l’armée anglaise, Louis (son frère) rejoint le régiment d’artillerie, Alfred sera lui réformé pour raison de santé et pourra rester à la tête de la Maison en attendant que la guerre finisse. Même son épouse, Esther s’engage comme infirmière.

Esther soignera Emile Puissant, lieutenant dans les chasseurs alpins et blessé au combat. Il rencontre Rachel, la fille d’Esther et Alfred dont il tombe amoureux lors d’une permission. Ils se marient en 1918. Emile deviendra directeur administratif chez Van Cleef & Arpels.

 

Charles Arpels, devant le magasin, vers 1920.
Charles Arpels, devant le magasin, vers 1920.

La prospérité reviendra dès 1920. Le magasin du 22 place Vendôme agrandit ses vitrines.
En 1932, le 24 de la place, ou se trouvait alors Lalique est racheté pour s’étendre.

Magasin Van Cleef & Arpels, place Vendôme, fin 1930.jpg
Magasin Van Cleef & Arpels, place Vendôme, fin 1930

De nouveaux venus entrent dans la Maison, les fils de Julien Arpels, Claude en 1932, Jacques en 1936.
Claude se révélera être un négociant redoutable et s’expatrie à New York en 1939. Jacques marche sur les traces de son père en s’initiant au choix des pierres précieuses.

Un nouveau concept voit le jour, « les ventes spéciales » de bijoux Van Cleef & Arpels inauguré par Emile Puissant durant les années folles. Cette nouveauté n’est pas appréciée de la concurrence mais sera malgré tout reprise à Paris en 1950 et en 1951.

En plus de cette innovation, des boutiques éphémères sont ouvertes à Lyon et à Cannes.

Les années 1930 voient des clientes célèbres comme Daisy Fellowes, la comtesse Costantini,… défiler chez Van Cleef & Arpels.

Les expositions permettent à la Maison de développer sa notoriété, le public manifeste de l’enthousiasme vis-à-vis de la joaillerie. Notamment en 1924 lors de l’Exposition d’art français de New York ou seront également présent Boucheron, Cartier, Mauboussin,… Van Cleef & Arpels est classé hors concours mais reçoit les félicitations du jury.
Durant l’Exposition internationale des arts décoratifs de 1925, elle se voit récompensée du grand prix pour son bracelet aux roses rouges et blanches en diamants et rubis entrelacés de feuilles d’émeraudes.
Ce bracelet vaudra à Charles Arpels d’être décoré de la Légion d’Honneur en 1926.
Emile Puissant, époux de Rachel décède cette même année de manière accidentelle. Elle reprend la direction artistique, lui donnant par la même occasion une nouvelle impulsion. Une collaboration entre Rachel Puissant et le dessinateur René-Sim Lacaze de 1926 à 1939 donnera naissance à des pièces exceptionnelles. A savoir que René-Sim Lacaze travaille dans la Maison depuis 1923.

Renée Puissant aux courses à Longchamps, 1935
Renée Puissant aux courses à Longchamps, 1935

L’épouse de Louis Arpels, Hélène est une mannequin pour Worth. Elle se fait l’ambassadrice de la Van Cleef & Arpels dans les revues de l’époque.

 

Hélène Arpels au prix de Diane à Chantilly portant un collier et un bracelet passe-partout. 4 juin 1939.jpg
Hélène Arpels au prix de Diane à Chantilly portant un collier et un bracelet passe-partout. 4 juin 1939

La Maison se fera remarqué durant les événements suivants:
– Exposition « Les Arts de la bijouterie, joaillerie et orfèvrerie » de 1929: « Seul Van Cleef & Arpels présente un genre inconnu de bijoux: une grande cravate qui se noue autour du cou et retombe sur la poitrine avec la souplesse d’un ruban »
– Exposition coloniale de 1931: Obtient le grand prix, certaines créations sont remarquées comme « parure or Chapeau chinois »

Parure chapeau chinois, Paris 1931. Ancienne collection de Charles Arpels, or jaune.jpg
Parure chapeau chinois, Paris 1931. Ancienne collection de Charles Arpels, or jaune

L’année 1933 aura son lot de nouveautés:
– La Minaudière
– Le serti mystérieux

Mianudière avec clip Camélia, Paris 1938. Or, or guilloché graind d'orge, rubis taillé à facettes. Serti mystérieux rubis écailles, feutre glace, clip amovible.jpg
Minaudière avec clip Camélia, Paris 1938. Or, or guilloché grains d’orge, rubis taillé à facettes. Serti mystérieux rubis écailles, feutre glace, clip amovible

Tout comme Cartier qui part conquérir les Etats-Unis des 1908, Van Cleef se lance en 1929. Malheureusement le krach boursier l’obligera a fermer en janvier 1931. Le retour se fera le 25 février 1939 au 31e étage du Rockefeller Center.

Le bureau de New-York devient une filiale de la maison parisienne. Certains modèles sont élaborés uniquement pour la clientèle américaine.

Fort de son succès, un atelier de création ouvre en Californie: Arpels Manufactory.
Ainsi une succursale est inaugurée en 1940 à Palm Beach.
Puis une autre à New York en 1942 au 744 Fifth Avenue.

 

Ces villes seront suivies de:
– Dallas en 1947
– Caracas en 1956
– Beverly Hills en 1969

En parallèle, la guerre fait rage en France. La situation est critique pour les Arpels qui sont de confession juive. Charles, Louis et sa femme Hélène parviennent à embarquer le 21 août 1940 pour les Etats-Unis sur l’un des derniers bateaux.
Renée Puissant reste seule à la tête de la Maison mère.
La Maison sera soumise aux lois promulguées par le gouvernement de Vichy, son aryanisation est décrétée. A la suite de cet état:
– Paul de Leseleuc est désigné gérant
– René Bry est nommé administrateur de 1941 à 1943.
– L’atelier tourne au raltenti.

Renée Puissant fini par fuir en zone libre à Vichy. Elle s’occupe de la succursale de l’hôtel du Parc.
La zone libre sera finalement envahie par les allemands en 1942. René se suicidera un mois après.

La société finira par être restituée aux familles Van Cleef et Arpels en 1944.
Claude, Jacques et Pierre sont nommés gérants.
Claude s’occupe des Etats-Unis.
Jacques  voyage pour la Maison en cherchant des pierres précieuse.
Pierre propose de nouveaux modèles et s’occupe de la création joaillière.

Des la fin de la guerre sera organisée par les maisons de haute couture, les joailliers, les modistes et les coiffeurs un « Théâtre de la mode ». Il permet de montrer au reste du monde que malgré la guerre, Paris reste la capitale de la mode.
200 poupées sont ainsi apprêtées par les plus grands.
Peu à peu le climat se détend.

En 1949, Pierre Arpels dessine un premier modèle de montre, le P.A.49, il sera commercialisé quelques années plus tard et connaîtra un grand succès.

Claude et Pierre Arpels en Inde, années 1950
Claude et Pierre Arpels en Inde, années 1950
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Julien, Jacques et Louis Arpels, vers 1950

Les années qui suivent aboutissent à de nombreuses innovations:
– Clip danseuse
– Collier Zip
– En 1954, la clientèle est en pleine mutation. Elle est jeune et dynamique. Van Cleef & Arpels pour conquérir ce nouveau marché édite des collections  de bijoux (montres, breloques, broches,…) et accessoires (boutons de manchettes, boites à cigarette,…) à des prix raisonnables réalisés en très petite série.
– Ce concept est repris par la succursale de New York en 1957.

La boutique Van Cleef & Arpels à Cannes, 1959
La boutique Van Cleef & Arpels à Cannes, 1959

Ouverture d’un nouveau magasin à Genève en 1960.

Publicité Van Cleef & Arpels, vers 1960
Publicité Van Cleef & Arpels, vers 1960

Des commandes prestigieuses arrivent entre 1960 et 1970, notamment en 1967, la couronne de Farah Diba.

La Boutique des Heures, consacrée à la vente de montres ouvrira en 1972 au 22 place Vendôme.

En 1973, Van Cleef & Arpels part conquérir le marché japonais.

En 1976, la Maison sera le premier joaillier à réaliser une ligne de parfums.

En 1981, ouverture d’un point de vente à Hong Kong.

En 1982, ouverture d’une boutique à Rome.

En 1986, une partie des descendants prend la relève, Philippe, le fils de Jacques Arpels prend la suite de son oncle Claude à New York.
Sa soeur, Dominique, se réalise dans la création.

En 1987, ouverture d’une boutique à Moscou.

En 1999, Van Cleef & Arpels change de direction avec une prise de direction du groupe Richemont.

En 2000, la maison arrête d’être la propriété de la famille Arpels.

 

 

 

 

 

 

Une partie des informations provient des ouvrages de Mr Jean-Jacques Richard.

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